Communiqué de Presse de Gilles Lebreton, Député français au Parlement européen, conseiller politique de Marine Le Pen
Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a nommé pour cinq ans Lionel Jospin au Conseil constitutionnel. Âgé de 77 ans, celui-ci achèvera le mandat de Jacques Barrot, qui vient de décéder.
Cette nomination est une mauvaise nouvelle pour les Patriotes. Lionel Jospin a en effet montré par le passé de quoi il était capable. Il fait partie des caciques du PS qui ont bradé la souveraineté nationale en appelant à voter le traité de Maastricht en 1992 et le projet de Constitution européenne en 2005.
Quand il était Premier ministre, entre 1997 et 2002, il a signé le traité d'Amsterdam qui a externalisé la politique d'immigration, et renié ses promesses de renégociation en laissant l'euro se mettre en place avec sa sinistre escorte constituée par un pacte de stabilité, synonyme d'austérité programmée, et par une Banque centrale européenne chargée d'assurer l'implacable respect de cette austérité.
Non content d'avoir fait le lit du fédéralisme européen, il détient le triste record d'avoir dirigé le gouvernement qui a privatisé le plus grand nombre d'entreprises et de services publics de toute l'Histoire de la République : Thomson, Aérospatiale, banques, assurances, sans même parler de l'ouverture du capital de France Télécom et d'Air France. Encore mieux qu'Alain Juppé !
Toujours comme Premier ministre, il a aussi allégé la fiscalité des stock-options, faisant ainsi ouvertement allégeance à l'oligarchie financière qui tire les fruits de l'ultra-libéralisme triomphant.
«Mon programme n'est pas socialiste» avouait-il lui-même en 2002. En effet, il ne l'était pas, comme il n'était pas non plus patriotique ni même simplement soucieux du peuple. Comme un terrible aveu, il avait d'ailleurs évité d'utiliser le mot «ouvrier»...
Il n'est pas étonnant que le peuple français l'ait sanctionné en lui préférant Jean-Marie Le Pen pour affronter Jacques Chirac au second tour des élections présidentielles !
Mais Lionel Jospin n'a toujours rien compris. L'âme et les aspirations du peuple français lui restent étrangères. Présentant un livre qu'il a récemment écrit sur Napoléon Bonaparte, il avoue ne voir en celui-ci qu'un «despote» dont il ne comprend pas la popularité persistante, brocardant ce peuple étrange qui cède à la «nostalgie française de la grandeur factice» et qui semble aujourd'hui reporter ses espoirs sur la «populiste» Marine Le Pen.
«Son talent n'est pas assez utilisé», explique Claude Bartolone qui estime que sa nomination va «rehausser l'image du Conseil constitutionnel». On plaindrait presque ce pauvre Conseil s'il n'avait déjà trahi la Constitution qu'il est supposé garder, en estimant dans sa décision du 9 août 2012 que la France pouvait ratifier sans révision constitutionnelle préalable le Pacte budgétaire européen qui achève de nous étrangler. Lionel Jospin devient donc juge constitutionnel. Les lois françaises et, au-delà d'elles, les Français sont condamnés à être jugés par lui !
Rien n'est cependant définitivement perdu. La France est un grand pays qui ne manque pas de ressources. Pour se redresser, il ne lui manque qu'un chef d'État qui saura fédérer les énergies : un homme - ou une femme ! - de la trempe de Bonaparte que ce pauvre Jospin a si mal compris.